Les quatre chatons d’Odile ont grandi à vue d’œil. Biscuit, une femelle calico, Charbon, un mâle couleur gris, Tuxedo, un mâle couleur noir et blanc et Moree, un mâle orange. Mais, nom de dieu, qu’ils sont collants! Dès qu’ils ont appris à marcher, ils me suivent partout dans mon appartement.
« Ha ha! C’est trop mignon! » M’avait dit Rody. « Et t’en as nommé un après moi? Merci! »
Oui, pour toi peut-être, mais qui est pris pour s’en occuper la plupart du temps? Moi, Vincent. Pas toi, Rody. Oh, il est déjà venu à l’appartement – parfois à l’improviste! – pour s’occuper d’Odile et des chatons. Cela est bien, surtout que c’est lui qui avait trouvé Odile près de la benne à ordure, mais quand même, c’est moi qui les gardent chez moi.
Le pire c’est quand je veux cuisiner. Ce qu’ils ont le nez fin! Surtout pour le poisson. Il suffit d’une bouffée salée d’un fruit de la mer pour que Biscuit, Charbon, Tuxedo et Moree sont après mes jambes, miaulant et suppliant pour une bouchée. Parfois Odile vient en demander aussi! Je dois alors les enfermer dans ma chambre pour cuisiner en paix.
Ils mettent du poil partout, ils font leurs griffes sur mes meubles de luxe, je dois vider leurs litières quand Rody ne le fait pas. Odile et ses chatons semblent me pourrir la vie et pourtant, pourtant je les aime. C’est fou, mais leur présence m’apporte quelque chose d’agréable. Quand je me repose et qu’ils viennent se coucher près de moi, leurs ronronnements m’apaisent. Je laisse même les chatons se coucher sur mon ventre! Enfin, pas les quatre en même temps. Biscuit, Charbon, Tuxedo et Moree arrivent même parfois à me faire rire quand ils s’amusent ensemble, quand ils se « battent » à coups de patte.
Je devrais remercier Rody. C’est grâce à lui qu’Odile et ses enfants sont là.